http://www.gouv.nc/static/pages/outils/telechargement/lo-99-209-v1-260203.pdf
http://www.gouv.nc/static/pages/outils/telechargement/accordsNoumea.pdf
Bienvenue sur cette page consacrée à la défense du suffrage universel en Nouvelle Calédonie.
Notre objectif est de faire prendre conscience l'opinion publique française et étrangère de la gravité du coup porté à la démocratie en Nouvelle Calédonie au travers du projet qu'a le gouvernement de geler le corps électoral aux élections locales.
Nous avons besoin de toutes les énergies pour mener à bien cette campagne de sensibilisation.
Vous pouvez contribuer à ce combat d'intérêt général par vos articles, en Français, mais aussi en Anglais auprès de pacificdoppelganger@yahoo.fr
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à nous rendre visite
Aidez nous à éclairer l'opinion publique Française et étrangère
Beaucoup croient que la restriction du corps électoral touchera une minorité d'expatriés privilégiés, alors que cette mesure va priver de droit de vote des citoyens ordinaires, des hommes, des femmes, des familles du peuple, de toutes classes sociales et de tous horizons.
Nous devons montrer que derrière le choix politique il y a une menace sur le destin de milliers de personnes.
Envoyez-nous des témoignages sur vos situations personnelles: qui vous êtes (les témoignages anonymes sont acceptés), d'où vous venez, vos origines, votre profession, votre vie familiale.
Adressez vos témoignages à : pacificdoppelganger@yahoo.fr
Avec la révision constitutionnelle que le Gouvernement veut soumettre au congrès de Versailles, la FRANCE va violer les droits de l'homme, et se discréditer en tant que nation de référence de la démocratie dans le Monde.
Le peuple de Nouvelle-Calédonie a approuvé l'Accord de Nouméa pour retrouver la paix et permettre au différend entre partis politiques de se régler par les urnes et non par la force.
Jusqu'à présent une large majorité s'est exprimée contre l'Indépendance, et a souhaité rester dans la république Française.
La citoyenneté calédonienne qui est évoquée dans le texte de l'Accord ne repose à ce jour sur aucune réalité juridique.
Bien qu'elle soit utilisée à tort et à travers par les indépendantistes pour essayer de créer un climat xénophobe en Nouvelle-Calédonie, elle ne se réfère à aucun texte précis, aucun corpus de lois permettant d'y associer des droits et des devoirs.
En Nouvelle-calédonie, seule existe dans les faits la citoyenneté Française qui bénéficie à tous, au travers des lois de la République, et de l'accès aux services publics en contrepartie de la participation à l'impôt.
Chacun étant détenteur de la même citoyenneté, et détenteurs des mêmes droits, priver une partie de ces citoyens du droit de vote, sur des critères de toute évidence arbitraires, constitue une violation très grave des textes internationaux de référence pour les droits de l'homme:
Déclaration des droits de l'homme, adoptée le 10 décembre 1948 à PARIS, au palais de Chaillot.
Art 21
1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.
Pacte international relatif aux droits civils et politiques : adopté le 16 décembre 1966 ; entré en vigueur le 23 mars 1976 ; adhésion de la France par les lois du 25 juin 1980 publiées au JO le 4 décembre 1980, avec effet le 4 février 1981 ; adhésion de la France au Protocole facultatif le 17 avril 1984,
Art 25
Tout citoyen a le droit et la possibilité, sans aucune des discriminations visées à l'article 2 et sans restrictions déraisonnables:
a) de prendre part à la direction des affaires publiques, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis;
b) de voter et d'être élu, au cours d'élections périodiques, honnêtes, au suffrage universel et égal et au scrutin secret, assurant l'expression libre de la volonté des électeurs;
c) d'accéder, dans des conditions générales d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
Art 26
Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit sans discrimination à une égale protection de la loi. A cet égard, la loi doit interdire toute discrimination et garantir à toutes les personnes une protection égale et efficace contre toute discrimination, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique et de toute autre opinion, d'origine nationale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
Liens utiles:
Déclaration universelle des droits de l'homme
http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm
http://www.justice.gouv.fr/textfond/dudh1948.htm
pacte international de 1966
http://europa.eu.int/comm/justice_home/fsj/privacy/docs/un-art17_fr.pdf
Jacques CHIRAC sacrifie la démocratie en Nouvelle Calédonie au nom de son image
Le gouvernement sous l'impulsion du Président Jacques CHIRAC s'apprête à faire voter une révision constitutionnelle permettant de priver des citoyens Français du droit de vote aux élections locales (Assemblées de Province, qui forment le Congrès qui lui même désigne le Gouvernement en Nouvelle Calédonie).
Pourquoi ?
Cette restriction n'est pas inscrite dans l'Accord de Nouméa signé par les deux camps, pro et anti-indépendantistes. Seul est prévu le gel du corps électoral pour le réferendum d'autodétermination censé avoir lieu en 2014 ou en 2018, selon le choix du Congrès élu aux élections locales.
J. CHIRAC ne respecte donc pas ici le texte de l'Accord, mais un engagement privé qu'il a donné aux indépendantistes de façon incompréhensible lors de son passage en Nouvelle Calédonie.
Il semblerait que l'action du président de la République, en contradiction avec ses propres idéaux politiques, soit guidée par un calcul sans rapport avec le sort de la nouvelle-Calédonie et de ses habitants.
Jaloux de sa stature d'outsider diplomatique face à George Bush acquise lors des débats menés à l'ONU par Dominique de VILLEPIN avant l'invasion de l'Irak, J. CHIRAC jouit d'une certaine réputation auprès des petits pays qui représentent un nombre de voix important à l'Assemblée Générale de l'ONU.
Afin de conserver leur sympathie, mais également pour préserver sa propre image présidentielle, J. CHIRAC ne souhaite pas faire de vagues avec les indépendantistes de Nouvelle-Calédonie, et préfère sacrifier le droit de vote de "quelques" milliers de citoyens Français pour avoir la paix.
Ce faisant, il en a oublié que si l'ONU promeut effectivement les droits des peuples à disposer d'eux-mêmes, elle est en même temps garante des droits de l'homme, dont le droit de vote.
Les milliers de citoyens menacés d'être privés de leur droit légitime au suffrage universel, ne sont pas des expatriés: ce sont des résidents permanents, des gens ordinaires qui ne pourront pas voter malgré 11 ans de présence en 2009 et 16 ans de présence en 2014!
LE TEXTE A COMBATTRE A l'ASSEMBLEE NATIONALE
le projet de loi 3004 qui vise à truquer la définition du corps électoral pour les provinciales et le congrès.
http://www.assemblee-nationale.com/12/projets/pl3004.asp
Le gel du corps électoral touche 14.000 habitants.
Un électeur calédonien sur dix se voit déjà refuser le droit de voter avant 10 ans aux élections locales.
Avec le gel du corps électoral, ces 14.000 habitants seront privés du suffrage universel définitivement !
Ces chiffres sont très officiels: il s'agit du recensement des électeurs inscrits au Tableau Annexe.
Chiffres détaillés par Commune sur le site officiel de l'équivalent local de l'INSEE.
A l'issue des négociations entre les loyalistes et les indépendantistes, voici ce qui a été fixé par l'Accord de Nouméa :
Les élections européennes, nationales, législatives et municipales sont ouvertes de droit à tous les citoyens Français.
Le corps électoral pour le référendum d'autodétermination est lui GELE: il est réservé à une partie des électeurs. C'est l'article 218 de la loi organique
Pour participer au référendum qui aura lieu entre 2014 et 2018 vous devez remplir l'une des conditions suivantes
* avoir pu voter au référendum de 1998
* avoir un parent né en nouvelle-calédonie et y avoir le centre de vos intérêts matériels et moraux
* justifier de 20 ans de résidence au 31 décembre 2014
Le corps électoral pour les élections provinciales et au Congrès est GLISSANT. C'est l'article 188 de la loi organique
Les électeurs habilités à participer à ces élections font partie d'une liste spéciale.
A contrario, les électeurs qui ne sont pas habilités à y participer sont inscrits sur un tableau annexe
Pour être inscrit sur la liste spéciale, vous devez:
*avoir pu voter au référendum de 1998 (a)
* Etre inscrits sur le tableau annexe et avoir dix ans de résidence à la date de l'élection (b)
*Avoir atteint l'âge de la majorité après le 31 octobre 1998 et soit justifier de dix ans de domicile en Nouvelle-Calédonie en 1998, soit avoir eu un de leurs parents remplissant les conditions pour être électeur au scrutin du 8 novembre 1998, soit avoir un de leurs parents inscrit au tableau annexe et justifier d'une durée de domicile de dix ans en Nouvelle-Calédonie à la date de l'élection (c).
La définition du tableau annexe est donc claire:
Le tableau annexe se définit par opposition à la liste spéciale
Article 189 – Liste électorale spéciale
I. - Les électeurs remplissant les conditions fixées à l'article 188 sont inscrits sur la liste électorale spéciale à l'élection du congrès et des assemblées de province. Cette liste est dressée à partir de la liste électorale en vigueur et du tableau annexe des électeurs non admis à participer au scrutin.
...
Le tableau annexe n'est pas figé et vous passez de droit avec le temps dans la liste spéciale
...
Peuvent être inscrites sur la liste électorale spéciale en dehors des périodes de révision, outre les personnes mentionnées à l'article L. 30 du code électoral, celles qui remplissent en cours d'année les conditions prévues aux b et c du I de l'article 188. Les demandes d'inscription déposées en application du présent alinéa sont, accompagnées des justifications nécessaires, déposées à la mairie ; elles sont transmises à la commission prévue au II qui statue, sauf recours au tribunal de première instance
Ce que les indépendantistes veulent remettre en question avec la complicité de l'Etat, et en cela renier leurs engagements, c'est le droit des personnes inscrites au tableau annexe de participer après dix de résidence aux élections provinciales et au congrès.
Leur but n'a rien à voir avec le référendum d'autodétermination: il s'agit simplement de priver artificiellement une partie de l'électorat de son droit de vote aux élections locales pour truquer les règles du suffrage universel, et accéder au pouvoir au mépris de la démocratie.
Réréfence:
http://www.congres.nc/fr/articles/textes/loi_organique.html#_Toc59279928
Note du comité de Rédaction:
L’incidence du corps électoral “ gelé ” sur l’émergence d’une éventuelle nationalité calédonienne
par Frédéric Angleviel,
historien, Calédonien de la 5è génération (Mariotti-Cornaille)
Notre fondation ayant vocation à défendre les intérêts des pionniers, je me suis interrogé sur l’impact qu’aurait le corps électoral gelé en cas de vote favorable * à l’indépendance politique de la Nouvelle-Calédonie lors des référendums d’autodétermination de 2018-2019.
Succinct historique
Lors de l’Accord de Nouméa finalisé le 5 mai 1998, les trois partenaires, indépendantistes, Etat et anti-indépendantistes, ont du gérer les intérêts concurrents voire antagonistes en présence.
Finalement, le texte agréé par le référendum du 8 novembre 1998 comportait deux points importants en ce qui concerne le corps électoral. Il était gelé, donc réservé aux personnes arrivées avant 1998 (voire 1994 si le référendum avait lieu en 2014) pour le(s) référendum(s) d’autodétermination. Il était glissant après une présence de dix ans pour les élections provinciales (cf. document d’orientation article 2.2.1.).
Or, le 12 novembre 1998, certains indépendantistes ont déclaré lors de la consultation du congrès de la Nouvelle-Calédonie, qu’ils n’acceptaient pas – un peu tard – le texte, considérant que le corps électoral des provinciales devait lui aussi être gelé.
Le gouvernement central étant alors dirigé par L. Jospin, des négociations eurent lieu pour interpréter de manière restrictive le texte, peu clair au demeurant. L’arrêt du Conseil constitutionnel du 15 mars 1999 confirma que le corps électoral provincial était glissant. L. Jospin entama alors une procédure d’amendement institutionnel, qui s’arrêta en cours de route, le congrès de Versailles programmé pour une question judiciaire étant reporté sine die.
Lors du comité consultatif de janvier 2005, la ministre de l’outre-mer de l’époque a informé les partis politiques en présence que l’Etat entendait reprendre la procédure d’amendement, à la demande des indépendantistes, afin de geler le corps électoral provincial.
Un gel apparemment compréhensible.
Si l’on s’en tient à la politique électorale, ce gel semble acceptable.
Sur le principe, il s’agirait de donner un sens supplémentaire à la citoyenneté calédonienne, qui au lieu d’être sur le plan légal évolutive et ouverte, deviendrait une spécificité endémique à la Nouvelle-Calédonie, puisqu’elle ne comprendrait que les personnes arrivées avant 1998 et leur descendance. Certains des pionniers pourraient se retrouver dans cette définition restrictive puisque leurs racines sont reconnues à travers l’exclusion des derniers arrivés.
Sur le plan pratique, ce gel souhaité par les indépendantistes semble n’avoir une incidence que sur les électeurs arrivés depuis 1999 qui pourront ou non voter aux élections provinciales de 2009 (quelques
centaines), de 2014 (quelques milliers) ou de 2018 (une dizaine de milliers). Or, de nombreux Calédoniens, dont la plupart des pionniers, considèrent que ces quelques milliers de voix ne changeront point les forces en présence et qu’en conséquence il ne sert à rien de lutter dans ce cas précis pour le principe “ un homme une voix ”[...].
Un gel favorisant une nationalité restreinte
Plus que sur les incidences électorales à venir, interrogeons nous sur le sens qu’il faudrait donner, si le gel devenait effectif, à l’article 5 du document d’orientation inclus dans l’Accord de Nouméa du 5 mai 1998 : “ La consultation portera sur le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité .
Cela signifierait, si une majorité large ou marginale votait en faveur de l’indépendance politique, que seuls les citoyens présents en Nouvelle-Calédonie en 2018 pourraient accéder à la nationalité qui émergerait.
Or, le corps électoral gelé aurait alors irrémédiablement écarté de cette future nationalité tous les Français, qu’ils soient hexagonaux ou ultramarins, installés en Nouvelle-Calédonie depuis 1998.
Si les deux référendums donnaient le résultat prévisible, qui est le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France, quelle sera l’évolution de la citoyenneté restrictive mise en place à travers le corps électoral gelé. L’on peut craindre que les indépendantistes lient leur acceptation d’un nouvel accord indispensable à la paix civile à la perpétuation de cette citoyenneté fermée, qui ne peut que nous mener progressivement dans une impasse.
C’est cela qui me semble inacceptable et qui me semble mériter un débat parmi les pionniers car, au-delà des débats politiciens qui doivent rester en dehors de l’enceinte de l’association, il me paraît indispensable que nous pensions à l’avenir de nos enfants, qui est entre autres lié à une réflexion citoyenne et généreuse sur le long terme en optant pour le corps électoral glissant. Au moment où une partie du monde kanak propose une certaine ouverture à travers les cérémonies du Mwâ Kââ (Cf bulletin N°5), les pionniers n’ont-ils pas vocation, fort de leur légitimité et de leur ancrage centenaire, à faire un lien entre les premiers arrivants et les derniers arrivants, puisqu’au vu du temps long cher à l’historien Fernand Braudel, nous sommes la dernière vague, les non-citoyens représentant l’écume à la surface des flots. Or, l’écume n’est-elle pas quelque part la partie émergée de l’iceberg.
C’est une politique volontariste de l’Etat Français qui a fait venir mes ancêtres dans les années 1880, avant les colons Feillet, sur le sol de
Sans ressources et pourtant pleins d’espoir, c’est à la misère matérielle et morale qu’ils ont été confrontés dès leur arrivée. Cela ne les a pas empêchés de nous transmettre au fil des générations l’amour et le respect de cette terre sur laquelle ils ont versé tant de sueur. Il est ainsi facile de comprendre le désir de revanche sociale qui habitait ces gens, progressivement réconfortés grâce à la réussite, par les diplômes de leur enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants…
Comme beaucoup de Calédoniens de ma génération, c’est pour revenir avec ces diplômes et construire mon avenir que je suis partie en Métropole.
Comme cela est aussi parfois le cas, c’est accompagnée d’un mari métropolitain que j’en suis revenue en janvier 2000 (un an trop tard !). De cette union sont nés deux fils et notre famille est définitivement installée ici, depuis.
Bien au-delà du cas particulier, je suis choquée de voir ce mari, qui aime ce pays et a décidé d’y vivre aux côtés de son épouse et de ses fils, tous calédoniens, être privé (comme d’autres) du droit civique le plus élémentaire : celui de voter.
Avec l’obtention d’une situation pour le moins surprenante, particulièrement dans notre contexte océanien basé sur le respect des anciens : les enfants voteront et pas le père…
Combien de temps encore construirons-nous notre pays sur l’exclusion ? Comment expliquer à nos jeunes que nous refusons d’évoluer, de nous ouvrir et de tendre la main à celui qui souhaite honnêtement et avec beaucoup de bonne foi faire partie de ce pays ?
Pouvons-nous décemment offrir à ces mêmes jeunes un destin commun constitué d’une société sclérosée et repliées sur elle-même ?
La peur du changement ne doit-elle pas laisser la place à l’ambition d’écrire tous ensemble et pour de vrai l’histoire de notre pays sans laisser quiconque au bord du chemin ?
Enfin, pourrons-nous être fiers d’avoir construit notre pays sans ces valeurs indispensables à une cohabitation harmonieuse d’individus différents : la considération de l’autre (et non sa négation), l’écoute et le respect ?
Virginie RUFFENACH (Nouméa).
François BAROIN, l'hypocrisie personnifiée sur les discriminations
Pour ceux qui douteraient encore du double langage de notre ministre de l'Outre-Mer, qui considère sans vergogne que le gel du corps électoral est une condition de la prospérité future de la Nouvelle-Calédonie, voici ce qu'il déclarait l'an dernier sur les discriminations envers les ultra-marins:
Paru dans Le Figaro : Discriminer, c'est diviser
12/07/2005
Depuis plusieurs années maintenant, notre pays s’interroge sur lui-même –et plus précisément, sur son identité. Comme dans tout questionnement identitaire, cette interrogation recèle une part d’inquiétude. Au cœur de cette préoccupation essentielle : le devenir de notre cohésion nationale, de notre vivre ensemble. On parle de crise identitaire ; de malaise aussi, parce qu’il existe un mal être. Notre société tend malheureusement de plus en plus vers un ensemble plutôt constitué de la coexistence de différences dans le morcellement, que d’une cohésion de particularismes dans l’unité.
Cette crise a ses symptômes : replis et revendications communautaristes, racisme, xénophobie, ethnicisation sociétale… Elle a bien évidemment des causes : politique d’intégration pas assez efficiente, perte du sentiment de citoyenneté, valeurs républicaines qui s’effacent parce qu’insuffisamment affirmées, entre autres. Autant de questions posées à notre République –et auxquelles il est urgent de répondre. Parmi ces causes, il en est une qui ronge particulièrement notre pacte social : la discrimination, quelle qu’elle soit. Elle est une des principales source du délitement progressif de notre République. Retrouver une unité, retrouver une identité, c’est en priorité agir contre toute forme de discrimination. Discriminer, c’est diviser. C’est sciemment s’inscrire contre ce qui est l’essence même de notre République –« une et indivisible », précisément. Conscient du danger et de la gravité de ce que peuvent vivre au quotidien nombre de nos concitoyens, le Président de la République a mis en place, le 23 juin dernier, la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité. Grâce à elle, la lutte contre les discriminations va prendre une ampleur considérable. Une ampleur à la juste mesure de ce qu’elle a à combattre. Car, ainsi que l’a rappelé le Chef de l’Etat, les discriminations ne concernent pas une seule catégorie de personnes, elles sont multiples.
En tant que Ministre de l’outre-mer, je voudrais affirmer ma détermination à m’inscrire avec toute ma force et ma volonté dans ce combat. On ignore trop souvent, hélas, nos compatriotes d’outre-mer vivants en métropole lorsque l’on parle des victimes de discriminations. Mon premier engagement sera donc celui de rappeler, tant qu’il le faudra, ce que de nombreux ultramarins subissent. Couleur de peau ou accent sont sources de rejet, de comportements inacceptables. Des portes se ferment. Difficultés ou impossibilité de trouver un logement, un emploi. Cruel sentiment que celui d’être citoyen français –si pleinement citoyen que des territoires d’outre-mer ont été français bien avant certains départements métropolitains- et de ne pas être regardé comme tel. Je ferai également en sorte que ces injustices soient plus efficacement prises en compte ; et surtout que des solutions leurs soient apportées.
Il existe un autre aspect de l’outre-mer au sein de notre République : celui qu’elle nous offre « là-bas », comme un exemple à suivre. Car à l’heure où en métropole se pose la question de notre identité, de notre modèle sociétal, l’outre-mer a su faire de son multiculturalisme originel une acceptation et un respect de la différence. Elle a su faire de cette pluralité une richesse sociétale et culturelle exceptionnelles, sans pour autant perdre de vue son unité. Il suffit de songer à la Réunion pour comprendre et admirer une si grande diversité ethnique et religieuse vivre en harmonie, dans une considération mutuelle. Le principe d’unité républicaine doit effacer toute notion d’éloignement géographique, tout principe de différence physique ou ethnique. Un sentiment d’appartenance n’a pas de frontières. Métropolitains ou ultramarins, certes, mais avant tout, citoyens d’une Nation fondée sur un même vouloir vivre ensemble pour ne constituer qu’un seul peuple.
Le communiqué de presse du Conseil des Ministres du 25 Novembre 1998 confirme le corps glissant.
texte provenant du site internet de la Présidence de la République:Lien vers la page sur le site www.elysee.fr
Extrait:
[...
Le Président de la République a réuni
le Conseil des ministres au Palais de l'Elysée
le mercredi 25 novembre 1998
A l'issue du Conseil, le service de presse du Premier ministre
a diffusé le communiqué suivant :
PROJETS DE LOI : Nouvelle-Calédonie
Le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, ministre de l'intérieur par intérim, a présenté un projet de loi et un projet de loi organique relatifs à la Nouvelle-Calédonie.
La loi constitutionnelle du 20 juillet 1998 a permis la mise en oeuvre de l'accord sur la Nouvelle-Calédonie signé à Nouméa le 5 mai.
Avec près de 72 % de suffrages exprimés en faveur du oui, les électeurs calédoniens viennent d'approuver cet accord. Ce résultat traduit l'adhésion des Calédoniens à une relation renouvelée avec la République française.
Le projet de loi organique et le projet de loi qui le complète déterminent les modalités de mise en oeuvre de l'accord du 5 mai 1998.
Le projet de loi organique définit le statut civil coutumier des Kanaks et le régime des terres coutumières. Le retour au statut civil coutumier est désormais possible.
Il prévoit de très importants transferts de compétences de l'Etat à la Nouvelle-Calédonie. Ces transferts de compétences sont progressifs. Certains interviendront à compter du 1er janvier 2000, d'autres au cours de la période intermédiaire allant de 2004 à 2014. La Nouvelle-Calédonie aura ainsi notamment compétence pour favoriser l'accès à l'emploi des personnes qui y sont durablement installées. L'exercice de certaines compétences sera partagé entre l'Etat et la Nouvelle-Calédonie. Ce sera le cas en matière de relations internationales, d'entrée et de séjour des étrangers, d'audiovisuel afin de permettre une meilleure prise en compte des intérêts propres de la Nouvelle-Calédonie. Les compétences régaliennes que sont la justice, l'ordre public, la défense et la monnaie resteront de la compétence exclusive de l'Etat.
L'Etat compensera financièrement les charges correspondant à l'exercice des compétences nouvelles, dont le transfert est irréversible.
Une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie est définie notamment par l'exercice du droit de vote aux élections aux assemblées de province et au Congrès de la Nouvelle-Calédonie qui suppose une condition de résidence de dix ans. De nouvelles institutions locales seront mises en place et des élections seront organisées avant le 1er août 1999.
L'exécutif est confié à un gouvernement collégial, élu par le Congrès et responsable devant lui.
Les actes les plus importants du Congrès, seront des " lois du pays " qui pourront être soumises au contrôle préalable du Conseil constitutionnel.
Les objectifs de rééquilibrage et de développement économique, social et culturel feront l'objet de contrats pluriannuels de développement conclus entre l'Etat d'une part, la Nouvelle-Calédonie et les provinces d'autre part.
A partir de 2014 les électeurs résidant depuis au moins 20 ans en Nouvelle-Calédonie seront consultés sur l'accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté.
...]
Pourquoi nous devons à tout prix nous mobiliser contre le gel du corps électoral.
Beaucoup de Calédoniens de souche qui ne sont pas directement touchés par le gel du corps électoral s'interrogent sur l'utilité de ce combat.
Il est probable que certains y voient inconsciemment l'occasion de se venger indirectement des « zoreilles », qui représentent une concurrence sociale.
D'autres enfin, estiment que pour quelques milliers de voix, dont on ne sait pas vraiment pour qui elles votent, on risque de jeter de l'huile sur le feu, alors qu'un accord existe qui maintient un statu quo avec les indépendantistes.
Ces réflexions peuvent se comprendre, mais à bien y réfléchir elles relèvent d'une vision à très court terme, mesquine et en fait peu courageuse.
Derrière le gel du corps électoral il y a des enjeux beaucoup plus profonds qui nous touchent directement et durablement, en tant que Calédoniens et en tant que citoyens Français.
Sur le principe même, le projet de Loi du Président de la république est une marque de mépris envers les Calédoniens.
L'Accord a certes été négocié entre les trois signataires, mais c'est bien nous, la population calédonienne, qui l'avons approuvé par référendum, dans sa rédaction originelle qui définit clairement un corps électoral glissant et non gelé, et personne d'autre.
Ce n'est pas à Paris de décider à nouveau ce qui est bon pour la Nouvelle-Calédonie, sans demander l'avis des Calédoniens.
On se croirait revenu quinze ans en arrière, quand la Nouvelle-Calédonie était administrée par des hauts-fonctionnaires expatriés, insoucieux du pays sur le long terme et arrogants, ou depuis des bureaux ministériels.
De quel droit le Président peut-il aujourd'hui décider de revenir à une forme de despotisme éclairé que l'on croyait oubliée ? De quel droit peut-on nous dire que ce projet de loi doit être voté parce que d'après eux (je reprends les termes du projet de loi) "cette interprétation ne paraît pas correspondre à l'intention des signataires de l'accord de Nouméa"
Serions-nous trop stupides pour savoir ce que nous avons voté ?
Serions-nous trop stupides pour pouvoir repréciser les choses par référendum sur cette question ?
Tolérer cela, c'est accepter que demain, d'autres diktats soient pris de Paris sur les affaires courantes de la Nouvelle-Calédonie.
Il faut être clair là-dessus: la majorité des députés et sénateurs ne connaissent pas la Nouvelle-Calédonie, situent assez vaguement sa position géographique et ignorent évidemment les subtilités de sa réalité humaine et sociale.
En quoi sont-ils plus éclairés que les Calédoniens pour décider du choix de la société dans laquelle nous voulons vivre ?
Sur ce choix de société, interrogeons-nous.
Admettre le gel du corps électoral aux provinciales, c'est admettre que des personnes qui vivent dans le pays depuis plus de dix ans (a-t-on conscience de ce que cela représente?) n'aient pas le droit de voter alors même qu'elles payent des impôts, ont investi leurs économies dans leur maison, mis leurs enfants à l'école.
Est-ce que nous accepterions d'être traités de cette façon ?
Evidemment non. C'est d'ailleurs pourquoi tous les Calédoniens ou calédoniennes dont le conjoint est né ailleurs sont profondément scandalisés par cette mesure discriminatoire.
La vraie question est que veut-on faire de la Nouvelle-Calédonie : un pays moderne qui accepte les flux naturels des échanges humains comme le font tous les pays développés du monde actuel, ou une île renfermée sur elle-même, ce qui veut dire refus des talents, des idées et des investissements extérieurs, et à terme une économie morose et la baisse inexorable de notre niveau de vie.
S'il y a aujourd'hui des emplois qui permettent de se payer des 4x4, des bateaux, des maisons, c'est parce que des métros, ou des poken, sont venus chez nous créer des entreprises et de la richesse il y a 30, 20 ou 10 ans.
Ce sont ces entrepreneurs-là à qui nous voudrions dire: venez investir vos fonds, votre énergie, et les plus belles années de votre vie mais vous n'aurez pas le droit de vote ?
Avec un tel mépris pour les forces vives du pays, il faut être conscient que demain la Nouvelle-Calédonie ressemblera à un pays sous-développé.
Peut-être qu'à très court terme et dans certains secteurs professionnels il y aura une illusion de confort pour les locaux, mais très rapidement elle se dissipera et les effets négatifs se feront sentir de façon dramatique pour tout le monde.
Enfin, sur cette question du corps électoral, il faut s'interroger sur le sens de notre dignité de Calédoniens.
Nous ne sommes pas Calédoniens OU Français.
Nous sommes Calédoniens ET Français.
On peut discuter tant que l'on veut sur le contenu de la citoyenneté calédonienne, mais à l'heure de passer ses vacances à la Gold Coast, ou pour envoyer ses gosses faire des études en France, c'est bien un passeport Français que l'on est rassuré d'exhiber pour franchir les frontières.
En 1940, au moment où la France métropolitaine votait les pleins pouvoirs à Pétain et acceptait la collaboration, les Calédoniens ont eu le courage de rallier la France Libre, d'accueillir les Américains, et d'envoyer des jeunes se battre au sein du Bataillon du Pacifique.
C'est l'une des pages les plus glorieuses de notre histoire.
C'est de là que nous tirons une bonne part de notre identité de Calédoniens, hommes libres et fiers dans une terre où chacun peut réussir, quelques soient ses origines sociales ou ethniques.
Accepter le gel du corps électoral, c'est trahir cette fierté, cet idéal, parce que c'est accepter que la Nouvelle-Calédonie ne soit plus une terre de liberté et de démocratie.
Finalement, c'est accepter que les sacrifices de nos anciens pour défendre la démocratie et notre dignité, soient réduits à néant.
Cela ce n'est pas la vraie Calédonie.
Si nous acceptons sans rien dire cette infamie, nous perdrons notre dignité et nous enverrons un message de très grande faiblesse morale à ceux qui veulent instaurer le désordre et la loi du plus fort, pour mieux nous rabaisser.
| Novembre 2009 | ||||||||||
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