Rejoignez-nous!

Bienvenue sur cette page consacrée à la défense du suffrage universel en Nouvelle Calédonie.

Notre objectif est de faire prendre conscience l'opinion publique française et étrangère de la gravité du coup porté à la démocratie en Nouvelle Calédonie au travers du projet qu'a le gouvernement de geler le corps électoral aux élections locales.

Nous avons besoin de toutes les énergies pour mener à bien cette campagne de sensibilisation.

Vous pouvez contribuer à ce combat d'intérêt général par vos articles, en Français, mais aussi en Anglais auprès de pacificdoppelganger@yahoo.fr

 

 

 

Vous avez été    

    

à nous rendre visite 

 

Heure locale à NOUMEA

Témoignages

Aidez nous à éclairer l'opinion publique Française et étrangère

Beaucoup croient que la restriction du corps électoral touchera une minorité d'expatriés privilégiés, alors que cette mesure va priver de droit de vote des citoyens ordinaires, des hommes, des femmes, des familles du peuple, de toutes classes sociales et de tous horizons.

Nous devons montrer que derrière le choix politique il y a une menace sur le destin de milliers de personnes.

Envoyez-nous des témoignages sur vos situations personnelles: qui vous êtes (les témoignages anonymes sont acceptés), d'où vous venez, vos origines, votre profession, votre vie familiale.

Adressez vos témoignages à : pacificdoppelganger@yahoo.fr

Recommander

Mercredi 15 novembre 2006

Intervention du Député Pierre FROGIER

Assemblée Nationale
Session ordinaire 2006-2007 – 23ème jour de séance
1ère séance du mardi 14 novembre 2006
Loi de finances pour 2007 - Budget de l’Outre-Mer

Cette année comme les précédentes l'effort du Gouvernement en faveur de l’outre-mer est soutenu dans un contexte budgétaire pourtant difficile. Je note en particulier avec satisfaction l’augmentation des crédits destinés à la dotation de continuité territoriale et au passeport mobilité, dispositifs particulièrement utiles en Nouvelle-Calédonie. Je partage entièrement le sentiment de Didier Quentin quant au bilan encourageant des mesures dites de défiscalisation dont bénéficient les activités économiques dans nos collectivités. Je me réjouis que l'examen de ce budget n'ait pas été l'occasion de nouvelles tentatives de remettre en cause les pensions de retraite et les rémunérations des fonctionnaires de l’État outre-mer.
Il y a un an, je vous faisais part de mes inquiétudes pour le projet d'usine métallurgique de nickel dans le nord de la Nouvelle-Calédonie. Aujourd'hui, je suis plus inquiet que jamais. Le massif minier du Koniambo, l'un des derniers grands gisements de nickel encore inexploité, a été transféré le 31 décembre dernier à la société qui doit être le support juridique de la future usine. Toutefois, depuis cette date, le partenaire industriel pressenti, Falconbridge, a été absorbé par le groupe anglo-suisse XSTRATA et, à ce jour, les dirigeants de ce groupe n'ont pris aucun engagement clair. Il n'est plus possible, près de neuf ans après la signature de l'accord de Bercy, de maintenir les populations du nord et l'ensemble des Calédoniens dans une telle incertitude. Je réitère donc mon vœu, Monsieur le ministre, que l'État reprenne l'initiative dans ce dossier stratégique à dimension nationale et internationale ainsi que ma proposition visant à se tourner vers le groupe français Eramet-SLN, présent en Nouvelle-Calédonie depuis 150 ans, pour la construction de cette usine.
À cette incertitude majeure s'ajoute la dégradation continue du climat social au cours des deux dernières années. Le dialogue et la négociation entre partenaires sociaux ayant manifestement atteint leurs limites, j’ai proposé au Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie que l'État prenne l'initiative de solliciter un certain nombre de personnalités calédoniennes indépendantes pour constituer une « mission du dialogue social ». Je déplore, Monsieur le ministre, que, plus d'un mois après, votre représentant n'ait pas accusé réception de mon courrier.

Enfin, devant vous qui êtes un expert en la matière, Monsieur le président, je souhaite, évoquer la question du corps électoral en Nouvelle-Calédonie, qui vient d’ailleurs d’être soulevée de façon provocante, dérisoire et politicienne par M. Lagarde.
Je rappelle tout d'abord que le projet de loi constitutionnelle déposé par le Gouvernement vise à interdire aux Français arrivés en Nouvelle-Calédonie postérieurement au 8 novembre 1998 de prendre part aux élections des assemblées de provinces. Contrairement à ce qui est indiqué à deux reprises dans l'exposé des motifs de ce projet, cette restriction du droit de vote ne correspond pas aux intentions des signataires de l’accord de Nouméa. Jamais le RCPR, devenu Rassemblement-UMP, n’a donné son accord à un tel dispositif. Reconnaissez au moins, Monsieur le ministre, qu’exiger aujourd’hui le gel électoral, c’est ne pas appliquer l’accord de Nouméa et, partant, modifier la Constitution, puisque les dispositions de cet accord ont été inscrites dans la loi fondamentale en juillet 1998 – par une majorité qui n’était d’ailleurs pas la nôtre – avant que, quelques mois plus tard, en 1999, le Gouvernement cherche à revenir dessus
Il est inexact par ailleurs de prétendre que le Président de la République se serait engagé sur le fond de cette affaire. Que ce soit à Paris en janvier 2002 ou en Nouvelle-Calédonie en juillet 2003, il s’est certes engagé à résoudre ce problème avant la fin de son quinquennat, mais sous réserve qu’un consensus local soit trouvé, ce qui n’a pas été le cas.
Si la Constitution était modifiée comme il est envisagé, des milliers d’électeurs seraient, en Nouvelle-Calédonie, définitivement privés de leur droit de vote aux élections locales. En effet, si l’accord de Nouméa a prévu son propre terme en 2018, il n’en va pas de même de la loi organique portant statut de la Nouvelle-Calédonie et des institutions qu’elle crée. Je me battrai donc jusqu’au bout contre ce qui me paraît porter atteinte à l’un des principes fondamentaux de notre République et à l’honneur de la France.

Mais je voterai avec enthousiasme le projet de budget de l’outre-mer pour 2007. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP)

Par pericles - Publié dans : suffrage-universel.nc
- Voir les commentaires - Recommander
Mardi 14 novembre 2006

Ecrivez-leur !

Adresses utiles pour poster cette lettre sur internet :
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/premier_ministre/ecrire
http://www.elysee.fr/ecrire/
http://www.outre-mer.gouv.fr/outremer/front?id=outremer/contact
http://www.assemblee-nationale.fr/12/tribun/comm3.asp
http://www.senat.fr/listes/senatl.html

http://www.sarkozynicolas.com/index.php?option=com_contact&Itemid=3


Monsieur,

L’Assemblée Nationale et le Sénat vont prochainement examiner le projet de loi 3004 relatif au gel du corps électoral aux élections provinciales de Nouvelle-Calédonie.

Ce texte, supposé favoriser la paix politique en Nouvelle-Calédonie en respectant l’esprit des Accords de Nouméa, constitue en réalité une violation du texte de ces Accords, un déni de démocratie envers la majorité des Calédoniens et une très grave atteinte à la réputation démocratique de la France.

Les Calédoniens souhaitent depuis toujours, à une très large majorité des deux tiers, rester dans le cadre de la République Française.
Le 8 novembre 1998, 72% des votants ont approuvé par référendum populaire le texte des Accords tel que signé par les partenaires historiques, ainsi que l’avant-projet de loi organique en découlant.
C’est ce vote populaire, et lui seul, qui en a établi la légitimité actuelle, par delà les aléas de la vie politique locale.

Le texte soumis à la population en 1998, fruit de concessions mutuelles très précises, est sans ambiguïté sur la question de la citoyenneté calédonienne qui ouvre droit à participer aux élections provinciales :
Cette citoyenneté bénéficie à tout citoyen Français justifiant de dix années de présence.

On lit ainsi dans le préambule de l’Accord:
« Le corps électoral pour les élections aux assemblées locales propres à la Nouvelle-Calédonie sera restreint aux personnes établies depuis une certaine durée ».
Et pas depuis « une certaine date »

Contrairement aux corps électoral pour le scrutin d’autodétermination, qui est effectivement gelé afin d’établir de façon incontestable l’adhésion de la Nouvelle-Calédonie à la République, ce ne peut être le cas du corps aux élections provinciales qui décide de la gestion quotidienne des affaires locales.

L’Etat justifie ce projet de Loi en invoquant la parole donnée, par Mme Girardin, à sa seule initiative, mais il ne saurait décemment ignorer la légitimité du texte voté et la parole que lui même a donnée aux Calédoniens en 1998 :
En effet, la condition de dix années de résidence à la date de chaque élection provinciale, que le texte proposé vise à remettre en question, a clairement été confirmée à de nombreuses reprises auprès de la population.
La notice d’information pour le référendum du 8 novembre 1998, largement diffusée par le service d’information  du gouvernement, confirme dans son point 4 :
« La citoyenneté calédonienne bénéficiera à toute personne de nationalité française ayant un lien fort avec la Nouvelle-Calédonie (résidant depuis dix ans sur le territoire, les interruptions pour motifs familiaux ou professionnels étant prises en compte) ».
Le communiqué du service de presse de la Présidence de la République à l’issue du Conseil des Ministres du mercredi 25 novembre 1998 indique à son tour :
« Une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie est définie notamment par l’exercice du droit aux élections aux assemblées de province et au congrès de la Nouvelle-Calédonie qui suppose une condition de résidence de dix ans ».

Il est donc manifeste que le gel du corps électoral aux élections provinciales, loin d’être le respect de l’Accord de Nouméa, constitue une prise de position unilatérale et partisane en faveur de la minorité indépendantiste, un reniement des garanties écrites et verbales apportées à la majorité non-indépendantiste, et une violation de l’expression de la volonté des Calédoniens.
Dans le respect de la logique d’autodétermination qui sous-tend l’Accord de Nouméa, seule la population Calédonienne devrait pouvoir être appelée à s’exprimer sur une nouvelle modification du corps électoral aux élections provinciales.
Il n’appartient pas à l’Assemblée Nationale ni au Sénat d’interpréter la volonté des Calédoniens sur une question aussi lourde de conséquences pour leur avenir, mais à eux seuls au travers d’un nouveau référendum.


Enfin, indépendamment des enjeux propres à la Nouvelle-Calédonie, une restriction arbitraire du suffrage universel constitue une grave atteinte à l’honneur de la République Française, en tant que nation garante des valeurs universelles de la démocratie dans le monde.
A l’heure où la France se veut un contrepoids aux dérives militaristes des Etats-Unis, à l’heure où les démocraties européennes vont vers la reconnaissance des droits des citoyens européens, et une réflexion sur le vote des étrangers aux élections locales, le gel du corps électoral aux élections provinciales de la Nouvelle-Calédonie ne peut qu’entacher durablement la réputation et la crédibilité de la République Française.

Les Députés de la République ne doivent pas être prisonniers du vote de cette loi injuste.

 
Laissez à la population calédonienne la liberté et la responsabilité de décider de son propre destin.

Par pericles - Publié dans : suffrage-universel.nc
- Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 12 novembre 2006

Le film des événements tel qu'il nous est décrit par le partenaire historique Rassemblement-UMP, signataire des Accords de Nouméa

Début 1998 : discussions entre Gouvernement/Rassemblement/F.L.N.K.S.


Les accords de Matignon avaient été signés en 1988 pour une durée de dix ans. A l’issue de cette période, les accords de Matignon prévoyaient l’organisation d’un référendum d’autodétermination.
Dès 1991, Jacques LAFLEUR préconise la recherche d’une solution consensuelle qui pourrait se substituer à ce référendum « couperet » afin qu’il n’y ait pas des vainqueurs et des vaincus, situation qui ferait courir le risque à la Calédonie de retomber dans une période de troubles civils.
Les discussions pour parvenir à cette solution consensuelle, dont toutes les parties ont accepté le principe, commencent début 1998.

La restriction du corps électoral est un des points les plus longuement débattus.

Le Rassemblement est fortement attaché au principe inscrit à l’article 3 de la Constitution : « Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droit civils et politiques. » et n’est pas disposé à accepter une restriction du corps électoral, notamment pour les élections provinciales.
Le F.L.N.K.S., au contraire, souhaite un gel complet du corps électoral à compter de1998 pour tous les scrutins locaux.
Le Gouvernement socialiste est enclin à peser en faveur du F.L.N.K.S.

En contrepartie de l’accord du Rassemblement pour ramener la période couverte par le statut en discussions, de 30 à 20 ans, le F.L.N.K.S. accepte d’assouplir sa position sur le corps électoral. Un compromis est finalement trouvé qui s’articule en deux points :

1 – Ne pourront participer à la consultation de « sortie » des accords de Nouméa, prévue entre 2014 et 2019, que des électeurs ayant au moins 20 ans de domicile en Nouvelle-Calédonie.


2 – Ne pourront participer aux élections provinciales que les électeurs pouvant justifier aux dates des scrutins (1999, 2004, 2009, 2014) de 10 ans de domicile en Nouvelle-Calédonie.

5 mai 1998 : signature de l’accord de Nouméa qui entérine notamment le compromis trouvé entre le F.L.N.K.S. et Rassemblement sur les restrictions du corps électoral.
Ces dispositions étant contraires à l’article 3 de la Constitution, celle-ci doit être modifiée pour autoriser le Parlement à restreindre le corps électoral en Nouvelle-Calédonie.

6 juillet 1998 : réunion du Congrès de Versailles pour modifier la Constitution (articles 76 et 77).

Les rapporteurs du projet de Loi constitutionnelle à l’Assemblée Nationale comme au Sénat mentionnent « une condition de domicile de dix ans à la date de l’élection ».

8 novembre 1998 : référendum en Nouvelle-Calédonie par lequel les calédoniens approuvent largement l’accord de Nouméa (et l’avant- projet de loi organique qui a été largement diffusé).
Pendant toute la campagne précédant le référendum, il a bien été expliqué aux électeurs qu’en ce qui concerne le corps électoral pour les élections provinciales, il s’agissait d’un corps électoral « glissant » : quelle que soit la date d’arrivée des personnes en Nouvelle-Calédonie, dès qu’elles ont dix ans de présence, elles recouvrent leur droit de vote aux élections provinciales.
A ce moment-là, c’est-à-dire pendant toute la période entre la signature de l’accord de Nouméa et le référendum, cette disposition n’a pas reçu d’autres interprétations. Pour preuve, la brochure officielle diffusée dans le cadre du référendum du 8 novembre 1998 à tous les calédoniens par le service d’information du Gouvernement, intitulée « L’accord de Nouméa : dix questions-dix réponses », qui indique que « seuls les citoyens calédoniens auront le droit de vote aux élections concernant les institutions de la Nouvelle-Calédonie » en rappelant que « la citoyenneté calédonienne bénéficiera à toute personne de nationalité française ayant un lien fort avec la Nouvelle-Calédonie, c'est-à-dire résidant depuis dix ans sur le territoire ». A aucun moment, il n’est fait référence à une condition d’installation avant ou après 1998.

12 novembre 1998 : examen pour avis au Congrès du territoire de la Nouvelle-Calédonie de l’avant-projet de loi organique
Avec aval des signataires de l’accord, le Gouvernement avait déjà procédé à une large diffusion de ce document, notamment dans la presse locale, de sorte que les calédoniens en aient connaissance au moment du référendum.
Or, curieusement, c’est au moment de l’examen de cet avant-projet de loi organique au Congrès pour avis, donc après le référendum et six mois après la signature de l’accord de Nouméa que le F.L.N.K.S revient sur la notion de corps électoral « glissant », en indiquant que c’est une « dénaturation de l’accord de Nouméa ». Le F.L.N.K.S souhaite que le corps électoral, y compris pour les élections provinciales, soit gelé à fin 1998.

25 novembre 1998 : approbation du projet de loi organique en Conseil des Ministres
Le communiqué du service de presse du Premier ministre indique que « l’exercice du droit de vote aux élections aux assemblées de province et au congrès de la Nouvelle-Calédonie (qui) suppose une condition de résidence de dix ans ».

Décembre 1998 : examen du projet de loi organique à l’Assemblée Nationale

Monsieur QUEYRANNE, secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-Mer, déclare devant la commission des lois de l’Assemblée « qu’il lui paraissait légitime, comme il l’a toujours fait savoir au cours des négociations, qu’après 10 ans de présence en Nouvelle-Calédonie, on puisse voter aux élections provinciales, c'est-à-dire celles qui déterminent la gestion du pays dans lequel on vit » (rapport n°1275 du 16 décembre 1998).
Cette position est celle qui a toujours été défendue par le Rassemblement et cette déclaration du secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer confirme qu’en décembre 1998 elle était soutenue également par le Gouvernement.

16 mars 1999 : décision du Conseil Constitutionnel sur la loi organique
A l’examen des articles 188 et 189 de la loi organique, articles qui traitent des élections au congrès et aux assemblées de province, le Conseil Constitutionnel considère « que doivent notamment participer à l’élection des assemblées de province et du congrès les personnes qui à la date de l’élection/…/ sont domiciliées depuis dix ans en Nouvelle-Calédonie, même postérieurement au 8 novembre 1998 ; qu’une telle définition du corps électoral restreint est au demeurant seule conforme à la volonté du pouvoir constituant, éclairée par les travaux parlementaires dont est issu l’article 77 de la Constitution, et respecte l’accord de Nouméa/…/. »
A l’issue de cette décision du Conseil Constitutionnel, le F.L.N.K.S. a manifesté son opposition à cette interprétation. Pour le front indépendantiste, toutes les personnes arrivées après le 8 novembre 1998 n’auraient jamais le droit de voter aux élections provinciales, quelle que soit leur durée d’installation.
Le Gouvernement a alors décidé de donner satisfaction au F.L.N.K.S. et c’est la raison pour laquelle il a engagé en 1999 une nouvelle modification de la Constitution.
Cette modification de l’article 77 de la Constitution était incluse dans un projet de loi constitutionnelle sur la Polynésie française qui a été adopté en juin 1999 par l’Assemblée nationale et en octobre 1999 par le Sénat. Pierre FROGIER à l’Assemblée nationale et Simon LOUECKHOTE au Sénat se sont opposés fermement à cette nouvelle restriction au droit de vote. Ce texte qui devait être soumis au Congrès de Versailles en même temps que la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature ne l’a pas été, en raison du report de l’examen du projet relatif au C.S.M. Depuis, la Polynésie française a été dotée d’un nouveau statut et la procédure parlementaire de 1999 est donc caduque.

17 juin 2003 : troisième comité des signataires de l’accord de Nouméa (Koné)
Le F.L.N.K.S. a rappelé l’importance qu’il attachait au règlement de la question du corps électoral spécial pour l’élection des membres du congrès et des assemblées de province.
Le Rassemblement a déclaré « comprendre la préoccupation du F.L.N.K.S. sur ce point », et la Ministre de l’Outre-Mer s’est, en conséquence, engagée à faire des propositions au Président de la République en ce sens.
Jacques LAFLEUR, invité par la presse à préciser ce qu’il fallait entendre par cette « compréhension » exprimée par le Rassemblement a indiqué que cela ne signifiait pas que nous accessions un corps électoral « gelé ».

23 juillet 2003 : visite du Président de la République en Nouvelle-Calédonie
A cette occasion, comme lors du comité des signataires de janvier 2002 à Paris, le Président de la République s’est engagé à régler cette question avant la fin de son quinquennat mais sans prendre position sur le fond. Il a en effet précisé tant en 2002 qu’en 2003 qu’il fallait trouver une solution admise par tous, un consensus résultant du dialogue entre les partenaires locaux de l’accord de Nouméa.

11 janvier 2005 : arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (PY contre France)
La C.E.D.H. après avoir indiqué que l’« exigence de dix années de résidence pourrait paraître disproportionnée au but poursuivi » a toutefois rejeté le recours dont elle était saisie en prenant en considération l’histoire et le statut de la Nouvelle-Calédonie qui constituent selon elle des « nécessités locales » justifiant la condition de résidence de dix ans pour l’exercice du droit de vote.
Cet arrêt conforte sur ce point l’accord de Nouméa et les textes pris pour sa mise en œuvre au regard du droit international, mais dans la limite de l’interprétation du Conseil Constitutionnel c'est-à-dire pour un corps électoral « glissant ». On peut penser qu’elle jugerait effectivement « disproportionnée » une exigence de seize années de résidence (ce à quoi aboutirait le gel du corps électoral pour les élections de 2014).

20 janvier 2005 : quatrième réunion du comité des signataires de l’accord de Nouméa (Paris)
La Ministre de l’Outre-Mer, a indiqué que le Gouvernement s’engage à proposer au Président de la République le dépôt, avant la fin juin 2005, d’un projet de loi constitutionnelle reprenant exactement les termes de l’article 1er du texte adopté en 1999.
Ce texte qui complète l’article 77 de la Constitution sur la définition du tableau annexe, aboutirait au « gel » du corps électoral pour les élections au congrès et aux assemblées de province de 2009 et 2014.
Le Rassemblement-UMP a réaffirmé sa ferme opposition à cette modification de la Constitution.

2 février 2006 : cinquième réunion du comité des signataires d el’accord de Nouméa (Paris)
Le Ministre de l’Outre-Mer indique que le projet de loi constitutionnelle annoncé au précédent comité des signataires a été soumis en décembre 2005 au Conseil d’Etat et sera prochainement délibéré en Conseil des Ministres.

Le Rassemblement-UMP a une nouvelle fois rappelé sa totale opposition à ce projet de révision constitutionnelle, pour plusieurs raisons

1- La première et la plus importante est que le Rassemblement-UMP reste convaincu que l’interprétation que le Conseil Constitutionnel a donné au corps électoral provincial (corps électoral « glissant » et non bloqué au 8 novembre 1998) est bien conforme au compromis global accepté par les signataires de l’accord de Nouméa au moment où ils ont signé l’accord en mai 1998.
D’ailleurs, le Conseil Constitutionnel, pour prendre sa décision, s’est appuyé sur tous les documents préparatoires et sur les travaux parlementaires, qui lui ont donc semblé suffisamment explicites en ce sens.
Pour le Rassemblement-UMP, accepter cette modification de la Constitution pour modifier le corps électoral provincial serait donc revenir sur les termes de l’accord de Nouméa. Il s’agit d’une disposition substantielle de l’accord et ce sont par conséquent tous les équilibres d’un accord, négocié avec difficulté, qu’il faudrait revoir.
En outre, l’atteinte au principe d’égalité des droits politiques consentis lors de la négociation de l’accord de Nouméa constitue la limite extrême de ce qui est tolérable par rapport aux principes démocratiques et républicaines.

2- La deuxième est qu’en gelant le corps électoral au 8 novembre 1998, le Constituant trahirait les calédoniens qui se sont prononcés le 8 novembre 1998 sur la foi d’un corps électoral « glissant ». Il faut rappeler que les principales oppositions à l’accord de Nouméa sont nées précisément de la restriction du corps électoral.

3- La troisième raison est que ce gel électoral pour les élections aux assemblées de province et aux congrès viderait de son sens la notion de « citoyenneté calédonienne » retenue par l’accord de Nouméa.
Interdire aux personnes arrivées après le 8 novembre 1998 en Nouvelle-Calédonie de voter aux élections provinciales les priverait d’acquérir jamais la « citoyenneté calédonienne » alors même qu’elles seraient installées depuis plus de dix ans en Nouvelle-Calédonie.
Ne seraient donc plus considérées comme ayant « une communauté de destin » que les personnes arrivées en Nouvelle-Calédonie avant le 8 novembre 1998, ce qui est évidemment en totale contradiction avec l’esprit de l’accord de Nouméa.
D’autant plus que rien n’ayant été prévu pour définir le statut de ces personnes à l’issue de la période couverte par l’accord de Nouméa, il serait inadmissible qu’elles restent dans l’expectative pendant 15 ou 20 ans pour être fixées sur leurs droits.

Pour cet ensemble de motifs, le signataire Rassemblement-UMP considère toujours que le législateur doit s’en tenir à la volonté initiale du pouvoir constituant telle qu’elle a été rappelée par le Conseil Constitutionnel.

Par pericles - Publié dans : suffrage-universel.nc
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 9 novembre 2006

Pourquoi nous devons à tout prix nous mobiliser contre le gel du corps électoral.


Beaucoup de Calédoniens de souche qui ne sont pas directement touchés par le gel du corps électoral s'interrogent sur l'utilité de ce combat.
Il est probable que certains y voient inconsciemment l'occasion de se venger indirectement des « zoreilles », qui représentent une concurrence sociale.
D'autres enfin, estiment que pour quelques milliers de voix, dont on ne sait pas vraiment pour qui elles votent, on risque de jeter de l'huile sur le feu, alors qu'un accord existe qui maintient un statu quo avec les indépendantistes.

Ces réflexions peuvent se comprendre, mais à bien y réfléchir elles relèvent d'une vision à très court terme, mesquine et en fait peu courageuse.

Derrière le gel du corps électoral il y a des enjeux beaucoup plus profonds qui nous touchent directement et durablement, en tant que Calédoniens et en tant que citoyens Français.

Sur le principe même, le projet de Loi du Président de la république est une marque de mépris envers les Calédoniens.

L'Accord a certes été négocié entre les trois signataires, mais c'est bien nous, la population calédonienne, qui l'avons approuvé par référendum, dans sa rédaction originelle qui définit clairement un corps électoral glissant et non gelé, et personne d'autre.

Ce n'est pas  à Paris de décider à nouveau ce qui est bon pour la Nouvelle-Calédonie, sans demander l'avis des Calédoniens.
On se croirait revenu quinze ans en arrière, quand la Nouvelle-Calédonie était administrée par des hauts-fonctionnaires expatriés, insoucieux du pays sur le long terme et arrogants, ou depuis des bureaux ministériels.
De quel droit le Président peut-il aujourd'hui décider de revenir à une forme de despotisme éclairé que l'on croyait oubliée ? De quel droit peut-on nous dire que ce projet de loi doit être voté parce que d'après eux (je reprends les termes du projet de loi) "cette interprétation ne paraît pas correspondre à l'intention des signataires de l'accord de Nouméa"

Serions-nous trop stupides pour savoir ce que nous avons voté ?
Serions-nous trop stupides pour pouvoir repréciser les choses par référendum sur cette question ?
Tolérer cela, c'est accepter que demain, d'autres diktats soient pris de Paris sur les affaires courantes de la Nouvelle-Calédonie.

Il faut être clair là-dessus: la majorité des députés et sénateurs ne connaissent pas la Nouvelle-Calédonie, situent assez vaguement sa position géographique et ignorent évidemment les subtilités de sa réalité humaine et sociale.
En quoi sont-ils plus éclairés que les Calédoniens pour décider du choix de la société dans laquelle nous voulons vivre ?

Sur ce choix de société, interrogeons-nous.
Admettre le gel du corps électoral aux provinciales, c'est admettre que des personnes qui vivent dans le pays depuis plus de dix ans (a-t-on conscience de ce que cela représente?) n'aient pas le droit de voter alors même qu'elles payent des impôts, ont investi leurs économies dans leur maison, mis leurs enfants à l'école.
Est-ce que nous accepterions d'être traités de cette façon ?
Evidemment non. C'est d'ailleurs pourquoi tous les Calédoniens ou calédoniennes dont le conjoint est né ailleurs sont profondément scandalisés par cette mesure discriminatoire.

La vraie question est que veut-on faire de la Nouvelle-Calédonie : un pays moderne qui accepte les flux naturels des échanges humains comme le font tous les pays développés du monde actuel, ou une île renfermée sur elle-même, ce qui veut dire refus des talents, des idées et des investissements extérieurs, et à terme une économie morose et la baisse inexorable de notre niveau de vie.

S'il y a aujourd'hui des emplois qui permettent de se payer des 4x4, des bateaux, des maisons, c'est parce que des métros, ou des poken, sont venus chez nous créer des entreprises et de la richesse il y a 30, 20 ou 10 ans.
Ce sont ces entrepreneurs-là à qui nous voudrions dire: venez investir vos fonds, votre énergie, et les plus belles années de votre vie mais vous n'aurez pas le droit de vote ?

Avec un tel mépris pour les forces vives du pays, il faut être conscient que demain la Nouvelle-Calédonie ressemblera à un pays sous-développé.
Peut-être qu'à très court terme et dans certains secteurs professionnels il y aura une illusion de confort pour les locaux, mais très rapidement elle se dissipera et les effets négatifs se feront sentir de façon dramatique pour tout le monde.

Enfin, sur cette question du corps électoral, il faut s'interroger sur le sens de notre dignité de Calédoniens.

Nous ne sommes pas Calédoniens OU Français. 

Nous sommes Calédoniens ET Français.

 
On peut discuter tant que l'on veut sur le contenu de la citoyenneté calédonienne, mais à l'heure de passer ses vacances à la Gold Coast, ou pour envoyer ses gosses faire des études en France, c'est bien un passeport Français que l'on est rassuré d'exhiber pour franchir les frontières.

En 1940, au moment où la France métropolitaine votait les pleins pouvoirs à Pétain et acceptait la collaboration, les Calédoniens ont eu le courage de rallier la France Libre, d'accueillir les Américains, et d'envoyer des jeunes se battre au sein du Bataillon du Pacifique.
C'est l'une des pages les plus glorieuses de notre histoire.
C'est de là que nous tirons une bonne part de notre identité de Calédoniens, hommes libres et fiers dans une terre où chacun peut réussir, quelques soient ses origines sociales ou ethniques.

Accepter le gel du corps électoral, c'est trahir cette fierté, cet idéal, parce que c'est accepter que la Nouvelle-Calédonie ne soit plus une terre de liberté et de démocratie.
Finalement, c'est accepter que les sacrifices de nos anciens pour défendre la démocratie et notre dignité, soient réduits à néant.

Cela ce n'est pas la vraie Calédonie.

Si nous acceptons sans rien dire cette infamie, nous perdrons notre dignité et nous enverrons un message de très grande faiblesse morale à ceux qui veulent instaurer le désordre et la loi du plus fort, pour mieux nous rabaisser.

Par Philippe BLAISE - Publié dans : suffrage-universel.nc
- Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 2 novembre 2006

Le communiqué de presse du Conseil des Ministres du 25 Novembre 1998 confirme le corps glissant.

texte provenant du site internet de la Présidence de la République:

Lien vers la page sur le site www.elysee.fr

 Extrait:

[...

Le Président de la République a réuni

le Conseil des ministres au Palais de l'Elysée

le mercredi 25 novembre 1998

A l'issue du Conseil, le service de presse du Premier ministre

a diffusé le communiqué suivant :

PROJETS DE LOI : Nouvelle-Calédonie

Le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, ministre de l'intérieur par intérim, a présenté un projet de loi et un projet de loi organique relatifs à la Nouvelle-Calédonie.

La loi constitutionnelle du 20 juillet 1998 a permis la mise en oeuvre de l'accord sur la Nouvelle-Calédonie signé à Nouméa le 5 mai.

Avec près de 72 % de suffrages exprimés en faveur du oui, les électeurs calédoniens viennent d'approuver cet accord. Ce résultat traduit l'adhésion des Calédoniens à une relation renouvelée avec la République française.

Le projet de loi organique et le projet de loi qui le complète déterminent les modalités de mise en oeuvre de l'accord du 5 mai 1998.

Le projet de loi organique définit le statut civil coutumier des Kanaks et le régime des terres coutumières. Le retour au statut civil coutumier est désormais possible.

Il prévoit de très importants transferts de compétences de l'Etat à la Nouvelle-Calédonie. Ces transferts de compétences sont progressifs. Certains interviendront à compter du 1er janvier 2000, d'autres au cours de la période intermédiaire allant de 2004 à 2014. La Nouvelle-Calédonie aura ainsi notamment compétence pour favoriser l'accès à l'emploi des personnes qui y sont durablement installées. L'exercice de certaines compétences sera partagé entre l'Etat et la Nouvelle-Calédonie. Ce sera le cas en matière de relations internationales, d'entrée et de séjour des étrangers, d'audiovisuel afin de permettre une meilleure prise en compte des intérêts propres de la Nouvelle-Calédonie. Les compétences régaliennes que sont la justice, l'ordre public, la défense et la monnaie resteront de la compétence exclusive de l'Etat.

L'Etat compensera financièrement les charges correspondant à l'exercice des compétences nouvelles, dont le transfert est irréversible.

Une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie est définie notamment par l'exercice du droit de vote aux élections aux assemblées de province et au Congrès de la Nouvelle-Calédonie qui suppose une condition de résidence de dix ans. De nouvelles institutions locales seront mises en place et des élections seront organisées avant le 1er août 1999.

L'exécutif est confié à un gouvernement collégial, élu par le Congrès et responsable devant lui.

Les actes les plus importants du Congrès, seront des " lois du pays " qui pourront être soumises au contrôle préalable du Conseil constitutionnel.

Les objectifs de rééquilibrage et de développement économique, social et culturel feront l'objet de contrats pluriannuels de développement conclus entre l'Etat d'une part, la Nouvelle-Calédonie et les provinces d'autre part.

A partir de 2014 les électeurs résidant depuis au moins 20 ans en Nouvelle-Calédonie seront consultés sur l'accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté.

...]

Par pericles - Publié dans : suffrage-universel.nc
- Voir les commentaires - Recommander
Lundi 30 octobre 2006

François BAROIN, l'hypocrisie personnifiée sur les discriminations

Pour ceux qui douteraient encore du double langage de notre ministre de l'Outre-Mer, qui considère sans vergogne que le gel du corps électoral est une condition de la prospérité future de la Nouvelle-Calédonie, voici ce qu'il déclarait l'an dernier sur les discriminations envers les ultra-marins:

Paru dans Le Figaro : Discriminer, c'est diviser

12/07/2005

Depuis plusieurs années maintenant, notre pays s’interroge sur lui-même –et plus précisément, sur son identité. Comme dans tout questionnement identitaire, cette interrogation recèle une part d’inquiétude. Au cœur de cette préoccupation essentielle : le devenir de notre cohésion nationale, de notre vivre ensemble. On parle de crise identitaire ; de malaise aussi, parce qu’il existe un mal être. Notre société tend malheureusement de plus en plus vers un ensemble plutôt constitué de la coexistence de différences dans le morcellement, que d’une cohésion de particularismes dans l’unité.


Cette crise a ses symptômes : replis et revendications communautaristes, racisme, xénophobie, ethnicisation sociétale… Elle a bien évidemment des causes : politique d’intégration pas assez efficiente, perte du sentiment de citoyenneté, valeurs républicaines qui s’effacent parce qu’insuffisamment affirmées, entre autres. Autant de questions posées à notre République –et auxquelles il est urgent de répondre. Parmi ces causes, il en est une qui ronge particulièrement notre pacte social : la discrimination, quelle qu’elle soit. Elle est une des principales source du délitement progressif de notre République. Retrouver une unité, retrouver une identité, c’est en priorité agir contre toute forme de discrimination. Discriminer, c’est diviser. C’est sciemment s’inscrire contre ce qui est l’essence même de notre République –« une et indivisible », précisément. Conscient du danger et de la gravité de ce que peuvent vivre au quotidien nombre de nos concitoyens, le Président de la République a mis en place, le 23 juin dernier, la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité. Grâce à elle, la lutte contre les discriminations va prendre une ampleur considérable. Une ampleur à la juste mesure de ce qu’elle a à combattre. Car, ainsi que l’a rappelé le Chef de l’Etat, les discriminations ne concernent pas une seule catégorie de personnes, elles sont multiples.


En tant que Ministre de l’outre-mer, je voudrais affirmer ma détermination à m’inscrire avec toute ma force et ma volonté dans ce combat. On ignore trop souvent, hélas, nos compatriotes d’outre-mer vivants en métropole lorsque l’on parle des victimes de discriminations. Mon premier engagement sera donc celui de rappeler, tant qu’il le faudra, ce que de nombreux ultramarins subissent. Couleur de peau ou accent sont sources de rejet, de comportements inacceptables. Des portes se ferment. Difficultés ou impossibilité de trouver un logement, un emploi. Cruel sentiment que celui d’être citoyen français –si pleinement citoyen que des territoires d’outre-mer ont été français bien avant certains départements métropolitains- et de ne pas être regardé comme tel. Je ferai également en sorte que ces injustices soient plus efficacement prises en compte ; et surtout que des solutions leurs soient apportées.

Il existe un autre aspect de l’outre-mer au sein de notre République : celui qu’elle nous offre « là-bas », comme un exemple à suivre. Car à l’heure où en métropole se pose la question de notre identité, de notre modèle sociétal, l’outre-mer a su faire de son multiculturalisme originel une acceptation et un respect de la différence. Elle a su faire de cette pluralité une richesse sociétale et culturelle exceptionnelles, sans pour autant perdre de vue son unité. Il suffit de songer à la Réunion pour comprendre et admirer une si grande diversité ethnique et religieuse vivre en harmonie, dans une considération mutuelle. Le principe d’unité républicaine doit effacer toute notion d’éloignement géographique, tout principe de différence physique ou ethnique. Un sentiment d’appartenance n’a pas de frontières. Métropolitains ou ultramarins, certes, mais avant tout, citoyens d’une Nation fondée sur un même vouloir vivre ensemble pour ne constituer qu’un seul peuple.

 

Par pericles - Publié dans : suffrage-universel.nc
- Voir les commentaires - Recommander
Lundi 23 octobre 2006

C’est une politique volontariste de l’Etat Français qui a fait venir mes ancêtres dans les années 1880, avant les colons Feillet, sur le sol de la Nouvelle-Calédonie .

Sans ressources et pourtant pleins d’espoir, c’est à la misère matérielle et morale qu’ils ont été confrontés dès leur arrivée. Cela ne les a pas empêchés de nous transmettre au fil des générations l’amour et le respect de cette terre sur laquelle ils ont versé tant de sueur. Il est ainsi facile de comprendre le désir de revanche sociale qui habitait ces gens, progressivement réconfortés grâce à la réussite, par les diplômes de leur enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants…

Comme beaucoup de Calédoniens de ma génération, c’est pour revenir avec ces diplômes et construire mon avenir que je suis partie en Métropole.

Comme cela est aussi parfois le cas, c’est accompagnée d’un mari métropolitain que j’en suis revenue en janvier 2000 (un an trop tard !). De cette union sont nés deux fils et notre famille est définitivement installée ici, depuis.

Bien au-delà du cas particulier, je suis choquée de voir ce mari, qui aime ce pays et a décidé d’y vivre aux côtés de son épouse et de ses fils, tous calédoniens, être privé (comme d’autres) du droit civique le plus élémentaire : celui de voter.

Avec l’obtention d’une situation pour le moins surprenante, particulièrement dans notre contexte océanien basé sur le respect des anciens : les enfants voteront et pas le père…

Combien de temps encore construirons-nous notre pays sur l’exclusion ? Comment expliquer à nos jeunes que nous refusons d’évoluer, de nous ouvrir et de tendre la main à celui qui souhaite honnêtement et avec beaucoup de bonne foi faire partie de ce pays ?

Pouvons-nous décemment offrir à ces mêmes jeunes un destin commun constitué d’une société sclérosée et repliées sur elle-même ?

La peur du changement ne doit-elle pas laisser la place à l’ambition d’écrire tous ensemble et pour de vrai l’histoire de notre pays sans laisser quiconque au bord du chemin ?

Enfin, pourrons-nous être fiers d’avoir construit notre pays sans ces valeurs indispensables à une cohabitation harmonieuse d’individus différents : la considération de l’autre (et non sa négation), l’écoute et le respect ?

Virginie RUFFENACH (Nouméa).

Par Virginie Ruffenach - Publié dans : suffrage-universel.nc
- Voir les commentaires - Recommander
Mardi 20 juin 2006

Note du comité de Rédaction: 

Cette réflexion sur les conséquences perverses du gel du corps électoral pour la société calédonienne a été diffusée initialement dans le bulletin n°6 de la revue de la "Fondation des Pionniers", une association militant en faveur d'une vision plutôt insulariste de l'identité calédonienne (que nous ne partageons évidemment pas) mais qui a, reconnaissons-le, eu l'élégance de publier cet article polémique.


L’incidence du corps électoral “ gelé ” sur l’émergence d’une éventuelle nationalité calédonienne 

par Frédéric Angleviel,
historien, Calédonien de la 5è génération (Mariotti-Cornaille)

Notre fondation ayant vocation à défendre les intérêts des pionniers, je me suis interrogé sur l’impact qu’aurait le corps électoral gelé en cas de vote favorable * à l’indépendance politique de la Nouvelle-Calédonie lors des référendums d’autodétermination de 2018-2019.

Succinct historique
Lors de l’Accord de Nouméa finalisé le 5 mai 1998, les trois partenaires, indépendantistes, Etat et anti-indépendantistes, ont du gérer les intérêts concurrents voire antagonistes en présence.
Finalement, le texte agréé par le référendum du 8 novembre 1998 comportait deux points importants en ce qui concerne le corps électoral. Il était gelé, donc réservé aux personnes arrivées avant 1998 (voire 1994 si le référendum avait lieu en 2014) pour le(s) référendum(s) d’autodétermination. Il était glissant après une présence de dix ans pour les élections provinciales (cf. document d’orientation article 2.2.1.).


Or, le 12 novembre 1998, certains indépendantistes ont déclaré lors de la consultation du congrès de la Nouvelle-Calédonie, qu’ils n’acceptaient pas – un peu tard – le texte, considérant que le corps électoral des provinciales devait lui aussi être gelé.
Le gouvernement central étant alors dirigé par L. Jospin, des négociations eurent lieu pour interpréter de manière restrictive le texte, peu clair au demeurant. L’arrêt du Conseil constitutionnel du 15 mars 1999 confirma que le corps électoral provincial était glissant. L. Jospin entama alors une procédure d’amendement institutionnel, qui s’arrêta en cours de route, le congrès de Versailles programmé pour une question judiciaire étant reporté sine die.
Lors du comité consultatif de janvier 2005, la ministre de l’outre-mer de l’époque a informé les partis politiques en présence que l’Etat entendait reprendre la procédure d’amendement, à la demande des indépendantistes, afin de geler le corps électoral provincial.

Un gel apparemment compréhensible.
Si l’on s’en tient à la politique électorale, ce gel semble acceptable.
Sur le principe, il s’agirait de donner un sens supplémentaire à la citoyenneté calédonienne, qui au lieu d’être sur le plan légal évolutive et ouverte, deviendrait une spécificité endémique à la Nouvelle-Calédonie, puisqu’elle ne comprendrait que les personnes arrivées avant 1998 et leur descendance. Certains des pionniers pourraient se retrouver dans cette définition restrictive puisque leurs racines sont reconnues à travers l’exclusion des derniers arrivés.
Sur le plan pratique, ce gel souhaité par les indépendantistes semble n’avoir une incidence que sur les électeurs arrivés depuis 1999 qui pourront ou non voter aux élections provinciales de 2009 (quelques
centaines), de 2014 (quelques milliers) ou de 2018 (une dizaine de milliers). Or, de nombreux Calédoniens, dont la plupart des pionniers, considèrent que ces quelques milliers de voix ne changeront point les forces en présence et qu’en conséquence il ne sert à rien de lutter dans ce cas précis pour le principe “ un homme une voix ”[...].

Un gel favorisant une nationalité restreinte
Plus que sur les incidences électorales à venir, interrogeons nous sur le sens qu’il faudrait donner, si le gel devenait effectif, à l’article 5 du document d’orientation inclus dans l’Accord de Nouméa du 5 mai 1998 : “  La consultation portera sur le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité .
Cela signifierait, si une majorité large ou marginale votait en faveur de l’indépendance politique, que seuls les citoyens présents en Nouvelle-Calédonie en 2018 pourraient accéder à la nationalité qui émergerait.

Or, le corps électoral gelé aurait alors irrémédiablement écarté de cette future nationalité tous les Français, qu’ils soient hexagonaux ou ultramarins, installés en Nouvelle-Calédonie depuis 1998.
Si les deux référendums donnaient le résultat prévisible, qui est le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France, quelle sera l’évolution de la citoyenneté restrictive mise en place à travers le corps électoral gelé. L’on peut craindre que les indépendantistes lient leur acceptation d’un nouvel accord indispensable à la paix civile à la perpétuation de cette citoyenneté fermée, qui ne peut que nous mener progressivement dans une impasse.

C’est cela qui me semble inacceptable et qui me semble mériter un débat parmi les pionniers car, au-delà des débats politiciens qui doivent rester en dehors de l’enceinte de l’association, il me paraît indispensable que nous pensions à l’avenir de nos enfants, qui est entre autres lié à une réflexion citoyenne et généreuse sur le long terme en optant pour le corps électoral glissant. Au moment où une partie du monde kanak propose une certaine ouverture à travers les cérémonies du Mwâ Kââ (Cf bulletin N°5), les pionniers n’ont-ils pas vocation, fort de leur légitimité et de leur ancrage centenaire, à faire un lien entre les premiers arrivants et les derniers arrivants, puisqu’au vu du temps long cher à l’historien Fernand Braudel, nous sommes la dernière vague, les non-citoyens représentant l’écume à la surface des flots. Or, l’écume n’est-elle pas quelque part la partie émergée de l’iceberg.

 

Par pericles - Publié dans : suffrage-universel.nc
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 31 mai 2006
       Le droit de vote dans l'accord de Nouméa expliqué

A l'issue des négociations entre les loyalistes et les indépendantistes, voici ce qui a été fixé par l'Accord de Nouméa :

Les élections européennes, nationales, législatives et municipales sont ouvertes de droit à tous les citoyens Français.


Le corps électoral pour le référendum d'autodétermination est lui GELE:  il est réservé à une partie des électeurs. C'est l'article 218 de la loi organique

Pour participer au référendum qui aura lieu entre 2014 et 2018 vous devez remplir l'une des conditions suivantes
* avoir pu voter au référendum de 1998
* avoir un parent né en nouvelle-calédonie et y avoir le centre de vos intérêts matériels et moraux
* justifier de 20 ans de résidence au 31 décembre 2014

Le corps électoral pour les élections provinciales et au Congrès est GLISSANT. C'est l'article 188 de la loi organique

Les électeurs habilités à participer à ces élections font partie d'une liste spéciale.
A contrario, les électeurs qui ne sont pas habilités à y participer sont inscrits sur un tableau annexe


Pour être inscrit sur la liste spéciale, vous devez:
*avoir pu voter au référendum de 1998 (a)
* Etre inscrits sur le tableau annexe et avoir dix ans de résidence à la date de l'élection (b)
*Avoir atteint l'âge de la majorité après le 31 octobre 1998 et soit justifier de dix ans de domicile en Nouvelle-Calédonie en 1998, soit avoir eu un de leurs parents remplissant les conditions pour être électeur au scrutin du 8 novembre 1998, soit avoir un de leurs parents inscrit au tableau annexe et justifier d'une durée de domicile de dix ans en Nouvelle-Calédonie à la date de l'élection (c).

La définition du tableau annexe est donc claire:

Le tableau annexe se définit par opposition à la liste spéciale
Article 189 – Liste électorale spéciale
I. - Les électeurs remplissant les conditions fixées à l'article 188 sont inscrits sur la liste électorale spéciale à l'élection du congrès et des assemblées de province. Cette liste est dressée à partir de la liste électorale en vigueur et du tableau annexe des électeurs non admis à participer au scrutin.
...
Le tableau annexe
n'est pas figé et vous passez de droit avec le temps dans la liste spéciale
...
Peuvent être inscrites sur la liste électorale spéciale en dehors des périodes de révision, outre les personnes mentionnées à l'article L. 30 du code électoral, celles qui remplissent en cours d'année les conditions prévues aux b et c du I de l'article 188. Les demandes d'inscription déposées en application du présent alinéa sont, accompagnées des justifications nécessaires, déposées à la mairie ; elles sont transmises à la commission prévue au II qui statue, sauf recours au tribunal de première instance


Ce que les indépendantistes veulent remettre en question avec la complicité de l'Etat, et en cela renier leurs engagements, c'est le droit des personnes inscrites au tableau annexe de participer après dix de résidence aux élections provinciales et au congrès.

Leur but n'a rien à voir avec le référendum d'autodétermination: il s'agit simplement de priver artificiellement une partie de l'électorat de son droit de vote aux élections locales pour truquer les règles du suffrage universel, et accéder au pouvoir au mépris de la démocratie.

Réréfence:
http://www.congres.nc/fr/articles/textes/loi_organique.html#_Toc59279928

Par pericles - Publié dans : suffrage-universel.nc
- Voir les commentaires - Recommander
Mardi 4 avril 2006

Le gel du corps électoral touche 14.000 habitants.

Un électeur calédonien sur dix se voit déjà refuser le droit de voter avant 10 ans aux élections locales.

Avec le gel du corps électoral, ces 14.000 habitants seront privés du suffrage universel définitivement !

Ces chiffres sont très officiels: il s'agit du recensement des électeurs inscrits au Tableau Annexe.
Chiffres détaillés par Commune sur le site officiel de l'équivalent local de l'INSEE.

http://www.isee.nc/tec/atlas/listeelecto.html

Par pericles - Publié dans : suffrage-universel.nc
- Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Catégories

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus